Et c'est
reparti, après 2 mois et demi de petites navs, jolies baignades,
apéros sous les cocotiers, il est temps de lever l'ancre, pousser la
barre et mettre le cap à l'Est. S'arracher aux caraïbes est
toujours un peu délicat, surtout quand la mer s'y met pour nous
compliquer la tâche. La veille du départ prévu, une petite
infection remontée du ventre vers nos gorges, et qu'on s'est partagé
amoureusement selon les termes de notre contrat devant Dieux et les
Hommes, nous pousse à reporter de 2 jours notre départ. Mais nous
ne voulons pas laisser passer la fameuse fenêtre météo et notre
sortie du territoire Dominicain a déjà 3 jours...
Dimanche 3 mai,
il était donc grand temps de larguer les amarres !
Les 3
premiers jours, une forte houle de travers nous ballotte
inconfortablement et s'ajoute à notre petite fatigue initiale pour
nous laisser dans un état un peu léthargique. La mer se charge
quand même de nous réveiller en faisant claquer des vagues sur le
liston qui explosent juste au dessus de notre col, un gros bisous
dans le cou de l'océan ! Heureusement sous ces latitudes l'eau
est encore chaude et on se remet vite au sec.
Les petits SMS de
routage de Clovis nous montrent la voie et le soleil derrière les
nuages, nous faisant bien marrer au passage.
Le 4ème jour la mer se
calme et Django file droit nous permettant de profiter sereinement
des plaisirs de la navigation : lecture, cuisine (on enchaîne
les gâteaux ananas, sablés coco, burger à l'oeuf, salades poulpe
- crudités, pommes au chocolat, et même des harchas, pancake
marocains - Django : le palais de votre palais!), douches et
baignade quand le vent mollit vraiment. On se regarde même les
épisodes la saison 3 de The Wire ! Un regret : celui de
n'avoir pas réussi à pêcher, on espère bien se rattraper sur le
prochain tronçon !
Le 10
mai (Joyeux anniversaire Papa ! ) nous sommes à 120 Mn des
Bermudes et alors que nous commencions à perdre tout espoir
d'arriver avant le lendemain, le vent se relève et pousse Django à
6 nds nous prévoyant une arrivée pour 18h juste avant la tombée de
la nuit. On fonce s'aidant même un peu du moteur les 2 dernières
heures pour entrer dans le chenal de cet atoll mondialement connu
pour ses récifs juste avant que l'obscurité ne nous enveloppe.
On a
franchi le fameux et inquiétant triangle des Bermudes sans encombre,
ouf !
Avant
d'arriver sur cet îlot perdu il convient de s'annoncer et ici les
autorités sont plus curieuses sur notre matériel électronique que
sur les informations fiscales de leur ressortissants : on passe
20 minutes avec Radio Bermuda à détailler la liste de nos
équipements, même des instruments dont ne soupçonne pas
l'existence, « do you have Nanana ? » « Heu
yes ananas, yeah that we have ! » Il conclut enfin par
« If at any moment you have any question, you must call me
immediatly ! » « Yes sir ! ».
L'accueil
par les douanes n'en demeure pas moins très cordial, ils poussent
même le zèle à 21h un dimanche soir en nous donnant des cartes de
la ville, nous indiquant les points d'intérêt et nous recommandant
un bon pub pour fêter notre arrivée, the white horse. La bière est
bonne mais l’addition est salée et nous met vite au parfum sur le
niveau de vie dans l'île : 15$ les 2 bières – et encore
Mathilde a pris un demi, 12$ les 6 rouleaux de PQ (le problème c'est
qu'on peut se passer de PQ, mais peut-on se passer de bière ?).
A ce rythme là si la météo ne s'arrange pas vite nos finances vont
fondre comme neige au soleil. Sinon l'ambiance est bonne et les
habitants très accueillants, c'est un peu Jersey sous les
tropiques ! Comme la plupart des paradis fiscaux, ces îles sont
un territoire d'outre-mer britannique, qui se caractérise par le
record du nombre de golfs par habitants (8 pour 69 000 habitants), un
revenu moyen de 60 000 US$/an et des chauffeurs de taxi et
businessmen en bermuda rose assorti à leur chemise et aux
chaussettes qui remontent jusqu'aux genoux, so British !
Les 2 facettes de la prévoyance anglaise
La
prochaine bonne fenêtre météo est pour le mardi 19, on a donc 10
jours à passer ici, ce qui au départ nous semble long. Mais comme
partout dès qu'on reste un peu
on a vite fait de rencontrer des gens sympas et découvrir les
activité locales. On explore donc les fonds marins, plein de banc de pagres, d’énormes poissons perroquets, de gros barracudas et de
magnifiques paysages coralliens. Nous sommes mouillés devant la
ville historique de George Town mais nous offrons un tour de l'île,
rejoignant la pointe Ouest (Dockyard) en Ferry et retournant en bus à
Georgetown. A Dockyard, Oracle, le team defender de l'America's Cup
est déjà près à défendre son titre en 2017, alors que les
autres équipes, supposées commencer les phases qualificatives en
octobre prochain ne sont pas encore arrivées...
Rapidement,
on connaît tous les français du mouillage qui est organisé en
bastions d'apéros : français, allemands, anglais, suédois,
américains, à chacun son style seuls les suisses semblent comme à
leur habitude rester un peu isolés :-).
Nous repartons donc mardi vers les Açores pour une traversée de 1700 Mn, soit entre 15 et 20 jours de mers suivant les bonnes grâces d'Eole. On continue à compter sur vos petits messages d'encouragements pour la traversée retour (voir rubrique nous contacter), c'est toujours un rituel sympa que de les consulter avant de prendre nos quarts de nuits (en plus comme dirait Colin c'est gratos !)
PS.
Pour ceux que la photo des harchas fait baver, vous pouvez essayer il
suffit de mélanger (pour 6 pers) 250g de semoule fine, une c. à c.
de sel, 2 c. à s. de sucre, un sachet de levure chimique et un de
sucre vanillé, 120g de beurre fondu, 1 jaune d'oeuf (touche
perso) ; ajouter 50ml de lait puis mélanger le tout pour
obtenir une pâte homogène. Laisser reposer 5 minutes ; former
des boules de pâte et les aplatir dans la poêle pour les faire
cuire des 2 côtés et les servir accompagnés de miel !